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Le Quartier de l’hôtel est une des plus
anciennes extensions de Paris, réalisée entre le 6ème
et le 10ème siècle ; cette zone, à l’origine
marécageuse, a d’abord été assainie puis cultivée,
enfin construite et intégrée à l’intérieur
du premier rempart protégeant Paris, celui réalisé
par Philippe Auguste. Plusieurs monastères furent alors créés
ainsi qu’un port fluvial très actif. La protection de cette
ville close était assurée en amont par le Louvre, ( rive
droite ), et la fameuse Tour de Nesles (aujourd’hui détruite
et qui était située au bout de l’actuel Quai de Conti
) ; une chaîne était tirée entre les deux rives pour
protéger la ville la nuit, ou en cas d’attaque.
Le quartier, tel qu’il est aujourd’hui,
résulte des profondes modifications qu’il a subies entre
le XVIème et XVIIIème siècle, notamment avec la réalisation
de :
L’Hôtel
de la Monnaie, qui occupe une grande partie de l’espace entre la
rue Guénégaud et l’Institut de France résulte
de trois périodes différentes : Louis de Gonzague, prince
de Nevers en réalisa la première partie en 1572 ; le bâtiment
fut modifié avec Mansart comme architecte, en 1641 par Henri de
Guénégaud, comte de Montbrisson, ancien Garde des Sceaux
de Louis XIV tombé en disgrâce. La rue Guénégaud
fut créée à l’occasion de la rénovation
de l’hôtel de Guénégaud. La Princesse de Conti
l’acquit en 1670 et vint s’y installer ; elle était
veuve d’Armand de Bourbon, Prince de Conti descendant direct d’Henri
IV.
L’Institut
de France dont l’aile gauche a été bâtie sur
l’emplacement de la Tour de Nesles, a été ouvert en
1688 ; financé par une fondation créée par le Cardinal
Mazarin, cet établissement, alors appelé le Collège
des Quatre Nations, était destiné à accueillir soixante
étudiants sélectionnés dans les Quatre Provinces
acquises par la France sous la gouvernance de Mazarin : le Piedmont, l’Alsace,
l’Artois et le Roussillon. Comme beaucoup d’autres monuments
parisiens, sa fonction fut modifiée pendant la Révolution
Française et ce n’est qu’à partir de 1806 qu’il
prit sa fonction actuelle qui est d’héberger les prestigieuses
institutions et académies : Institut de France, Académie
Française, Académie des Inscriptions et des Belles Lettres,
Académie des Sciences, Académie des Beaux-Arts, Académie
des Sciences Morales et Politiques.
La trace d’un passé plus ancien subsiste cependant à
travers :
L’église
Saint-Germain des Prés qui est un vestige de l’abbaye de
Saint-Germain des Prés, alors un des principaux lieux de l’ordre
des Bénédictins, et qui possédait une immense propriété
à l’emplacement actuel du Faubourg Saint-Germain. L’église
elle-même est une des plus anciennes de Paris, un premier monastère
ayant été établi à cet emplacement en 542
pour recevoir les reliques du Roi de France Childebert, fils de Clovis.
Ce premier bâtiment fut ravagé à quatre reprises par
les Normands et le cœur du bâtiment actuel a été
construit entre 990 et 1021, plusieurs extensions ayant été
faîtes par la suite.
L’Ile de
la Cité, le berceau de Paris ( les Parisii, peuple de pêcheurs,
y installèrent leurs huttes à partir de 250 ans avant JC
), appelé Lutetia à l’époque romaine ; au XIXème
siècle, l’île fut profondément restructurée
sous Louis Philippe et Napoléon III faisant disparaître un
grand nombre des anciennes habitations ; il n’en reste pas moins
un nombre impressionnant d’ouvrages majeurs d’époques
très anciennes : la Sainte-Chapelle (XIIème XIIIème
siècle ), la cathédrale Notre-Dame ( XIIème XIVème
siècle), la Conciergerie ( parties du XIVème siècle
), le Pont-Neuf ( fin XVIème siècle )…
Le nom de certaines
rues : par exemple, la rue des « Grands Augustins » a été
nommée à l’époque où existait un couvent
, créé en 1261 par le Roi Saint-Louis d’abord pour
des frères de la Pénitence du Christ ou « Sachets
» à cause de leur robe en forme de sac, ces frères
étant rapidement remplacés ( en 1274, après la mort
de Saint-Louis) par des religieux de l’ordre des ermites de Saint-Augustin.